Le vocabulaire de la discipline
Lexique
Les mots employés sur ce site, ceux qui appartiennent à la domogénie et ceux du bâti qui reviennent le plus souvent dans les observations de terrain. Les premiers disent ce que la discipline regarde et produit. Les seconds désignent ce qu'on trouve sur un chantier de la Métropole Lilloise.
Ce lexique dit ce que chaque terme désigne. Il ne dit pas comment un indicateur se calcule.
Deux familles de mots
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Le vocabulaire de la domogénie
Ce que la discipline mesure et produit
Le vocabulaire du bâti
Ce que l'on observe sur le terrain
Le vocabulaire de la domogénie
Domogénie. Discipline de la qualité de l'habitat. Elle observe un bâtiment, en mesure la qualité et traduit cette qualité en valeur. Elle redevient méthode de valorisation dès lors qu'une intervention déplace cette qualité. Le terme s'écrit avec un accent dans le texte, sans accent dans les adresses de ce site.
Domogéniste. Celui qui pratique la domogénie. Il lit un bâtiment, dit ce qu'il vaut réellement et ce qu'il coûtera, et laisse à ceux dont c'est le métier le soin de décider des travaux. Il n'est ni maître d'œuvre, ni assistant à maîtrise d'ouvrage, ni entrepreneur.
Les trois Génies. Les trois dimensions indissociables de la qualité d'un bâtiment. Le VITAL, l'ÉVOLUTIF et le RÉGÉNÉRATIF. Un bien excellent sur un seul Génie ne tient pas.
Génie VITAL. Ce qui rend un bâtiment habitable. L'air, l'humidité, la lumière, la température des parois, l'état des réseaux. C'est le seuil en dessous duquel les autres qualités ne comptent plus.
Génie ÉVOLUTIF. Ce qui maintient un bâtiment habitable dans le temps. La structure, la distribution des espaces, la capacité à recevoir une transformation sans tout reprendre, et les transformations que sa conception rend impossibles.
Génie RÉGÉNÉRATIF. Ce qui améliore ensemble le bâti et celui qui l'habite. Les matériaux biosourcés, la correction thermique que les calculs conventionnels ne prennent pas en compte, et les approches qui agissent sur la relation entre un lieu et son occupant.
IQD, indice de qualité domogénique. La mesure de la qualité d'un bâtiment sur l'ensemble des critères des trois Génies. Il traduit ce qui a été observé en une valeur comparable d'un bien à l'autre.
CVD, compte de valeur domogénique. La traduction de l'indice de qualité en valeur. Il dit ce que la qualité observée ajoute ou retire à la valeur d'un bien, par rapport à un bien de référence sur le même marché.
Swing de Valeur. L'écart de valeur produit par une intervention. Des travaux déplacent la qualité, donc l'indice, donc le compte de valeur, donc la valeur du bien. Le Swing mesure cette boucle complète, de la dépense engagée à la valeur obtenue.
Global Carbone. L'indicateur qui rassemble le carbone d'un projet, celui déjà contenu dans le bâti existant et celui qu'une intervention ajouterait.
Double lecture thermique. La comparaison entre le calcul conventionnel réglementaire, qui suppose un usage moyen, et un calcul de comportement réel. L'écart entre les deux dit ce que le diagnostic officiel ne voit pas.
Enveloppe travaux. Le montant qu'un programme d'intervention représente, établi après métré. Une enveloppe ne se déduit jamais d'une surface ni d'une famille de bâti.
Le vocabulaire du bâti
Remontée capillaire. L'eau du sol qui monte dans une maçonnerie par les pores du matériau, faute de coupure entre le terrain et le mur. Elle se reconnaît à une frange horizontale qui s'arrête net à une certaine hauteur, aux enduits qui se décollent en partie basse et aux dépôts blanchâtres laissés par les sels. Elle est permanente et ne dépend pas de la saison.
Efflorescence. Le dépôt blanc et poudreux qui apparaît en surface d'une maçonnerie quand l'eau qui s'en évapore laisse derrière elle les sels qu'elle transportait. C'est une trace, pas une cause.
Mur d'accumulation. Une maçonnerie massive qui absorbe l'eau de pluie et la restitue par évaporation, dans les deux sens. C'est le fonctionnement du bâti ancien, monté sans écran d'étanchéité ni coupure de capillarité.
Mur de barrière. Une paroi conçue pour que l'eau n'entre pas, et pour qu'elle soit drainée si elle entre. C'est le fonctionnement du bâti moderne. Traiter un mur d'accumulation comme un mur de barrière ne supprime pas l'eau, cela déplace son point de sortie.
Mur creux. Une paroi en double épaisseur, avec une lame d'air entre les deux. Répandu dans la métropole sous influence flamande et belge. Sa présence ne se déduit pas de la date de construction et se vérifie par sondage.
Lame d'air. L'espace entre les deux parois d'un mur creux. Non ventilée et non isolée, elle sert de puits de condensation et de chemin de contournement pour la chaleur.
Perspirance. La capacité d'une paroi à laisser passer la vapeur d'eau tout en restant étanche à l'eau liquide. C'est ce qui permet à un mur ancien de sécher. Une couche fermée posée au mauvais endroit la supprime.
Point de rosée. La température à laquelle la vapeur d'eau contenue dans l'air se condense. Dans une paroi, sa position détermine l'endroit où l'humidité s'accumule. La déplacer sans le vouloir est le mécanisme central de la plupart des sinistres après travaux.
Pont thermique. Un endroit de l'enveloppe où la chaleur passe plus facilement qu'ailleurs, parce que la structure elle-même la conduit. Nez de dalle, refend débouchant, balcon coulé dans la continuité du plancher, appui de fenêtre traversant.
About de solive. L'extrémité d'une poutre de plancher, là où elle repose dans la maçonnerie. Quand ce mur est humide, le bois y travaille dans l'obscurité sans ventilation, ce qui en fait le point de départ classique des désordres de plancher.
Mérule. Champignon lignivore qui dégrade le bois en milieu humide, sombre et confiné. Le Nord et le Pas-de-Calais concentrent l'essentiel des déclarations françaises. Elle se cherche en cave, en comble et dans les abouts de solives, pas dans les pièces de vie.
Chéneau encaissé. Une gouttière noyée dans la maçonnerie de rive plutôt que pendue en bord de toit. Élégante depuis la rue, et invisible quand elle fuit. C'est le point faible structurel de la maison bourgeoise.
Sablière. La pièce de bois horizontale qui reçoit le bas de la charpente et transmet ses charges au mur. Son état conditionne celui de toute la toiture.
Doublage collé. Un isolant collé directement sur la face intérieure du mur, recouvert d'une plaque de plâtre. Répandu à partir des années soixante-dix. Il ne se laisse pas compléter par une épaisseur supplémentaire sans créer une lame d'air non ventilée entre deux isolants.
Fermette. Charpente industrielle en éléments triangulés, généralisée à partir des années soixante-dix. Elle est économique et efficace, mais elle interdit toute circulation dans les combles et tout aménagement sans étude de renfort.
Étanchéité à l'air. La capacité d'un bâtiment à ne pas laisser l'air le traverser en dehors des passages prévus. Elle se dégrade aux jonctions, aux passages de gaines, aux trappes et aux coffres de volets roulants.
Correction thermique. Une intervention qui ne cherche pas la performance réglementaire mais la suppression de l'effet de paroi froide. Elle change le confort ressenti sans que le calcul conventionnel en rende compte.
Biosourcé. Se dit d'un matériau issu de la matière vivante, végétale ou animale. Ces matériaux ont en commun de stocker du carbone et de gérer la vapeur d'eau autrement que les isolants industriels.
Ce que la typologie fait, et ce qu'elle ne fait pas
La famille de bâti oriente l'observation. Elle dit par où commencer à regarder, ce qui a le plus de chances de commander le reste, et ce qu'il serait imprudent de conclure trop vite. Elle n'entre dans aucun calcul. Aucun coefficient ne s'applique parce qu'un bâti appartient à une famille plutôt qu'à une autre, aucune quantité ne se déduit d'une typologie. Deux maisons de la même famille et de la même surface peuvent demander des observations très différentes selon leur orientation, leur mitoyenneté, ce qu'on leur a fait subir depuis leur construction.
C'est la raison pour laquelle cette page ne donne ni chiffre, ni solution, ni ordre de grandeur. Elle donne un regard. Ce que ce regard produit ensuite, une mesure de la qualité et une valeur, se lit ailleurs.
Les trois Génies disent sur quoi porte l'observation.
Ce que mesure la domogénie dit ce qu'elle en tire.
La domogénie dit d'où vient la discipline.
Les trois sont indissociables. Un bien excellent sur un seul Génie ne tient pas.
La domogénie, que l'on écrit aussi domogenie sans accent, est une discipline de la qualité de l'habitat créée par Franck Turpin.
